Et le Schmuck d’or est attribué à…

Séquences 7 a récompensé d’un trophée unique un producteur français pour sa politique positive envers les scénaristes.

Séquences 7 est une association qui accompagne les jeunes et moins jeunes scénaristes aspirants, émergents et même confirmés dans leur parcours professionnel. Loin des frasques cannoises, elle a réuni hier à Paris ses 200 membres et quelques invités pour la cérémonie de remise du Schmuck, une statuette en métal forgé en Normandie, afin de récompenser un professionnel ou une entité pour son action en faveur des scénaristes. Le mot péjoratif d’origine yiddish « schmuck » est « un clin d’œil à la manière un peu brutale dont Jack Warner qualifia un jour les scénaristes : “Schmucks with underwoods”. Des imbéciles avec des machines à écrire, donc : avec humour, autodérision et fierté, nous revendiquons notre statut d’association de Schmucks ! »

Cette année, le trophée unique a été attribué à la société de production Offshore représentée par Fabrice Préel-Cléach. Ce dernier a insisté sur l’importance de la phase de développement des fictions, à commencer par l’accompagnement des scénaristes. En quinze ans, Offshore a développé et produit 50 courts-métrages et 15 longs-métrages dont des premiers films. « Les producteurs sont également peu mis en avant » fait remarquer le tenant du titre toujours à la recherche de nouveaux talents, qui « travaille de plus en plus avec des scénaristes » et est « fan de développement » (la phase de développement d’un film, si elle se passe mal peut tuer le projet ou le condamner à ce que les américains appellent « l’enfer du développement »). Ce grand défenseur de l’écrit audiovisuel aime aussi « réfléchir sur l’objet scénario » et se dit « toujours prêt à accueillir de nouveaux projets » (ci-dessous bande-annonce de la dernière production d’Offshore).

L’association Séquences 7 ne désemplit pas depuis sa création. Elle organise des masterclass, des ateliers, suscite l’échange et la collaboration, cela aussi dans le but de briser l’isolement pesant de ce métier dangereux car parent pauvre de la fiction audiovisuelle. Essayez de citer le nom d’un scénariste français qui ne soit pas Danièle Thompson (La grande vadrouille,1966) et vous aurez saisi la dimension du problème. Nous avons profité de notre présence à la soirée pour discuter des opportunités ou des contraintes que posent l’arrivée de Netflix, Amazon et compagnie dans le jeu de la production/diffusion ainsi que des webséries, et des formats brefs prévus pour les écrans de smartphones. En bref justement, il y a deux grandes tendances. Ceux et celles qui ont le « storytelling » dans le sang et pour qui voir son projet tourné et diffusé est essentiel, quelque soit la taille de l’écran. Il y a les autres pour qui seuls l’écran argentique et la diffusion partagée avec un public font le cinéma, et ceux comme nous, nostalgiques du bruit du projecteur dans la salle obscure et de la notion de « spectacle ». Photo de Sébastien Morin/Séquences 7, avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Le site de l’association Séquences 7.

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