Métal Hurlant Chronicles est une horrible perte d’espace-temps

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La série française Metal Hurlant Chronicles est une catastrophe de niveau galactique.

On s’était promis de ne pas écrire sur les mauvais films, par bonté d’âme. Parce que tout le monde a le droit de se tromper, une fois. Mais pas deux. La seconde saison des Chroniques de Métal Hurlant est malheureusement du même acabit que la première, comme si le réalisateur-producteur, Guillaume Lubrano, n’avait rien appris de son premier round, ni des critiques qui lui ont été formulées. Par conscience professionnelle, ou par masochisme, nous avons regardé la saison 2 espérant qu’elle serait meilleure. Cela fut une douloureuse expérience doublée d’une horrible perte de temps.

On pourrait supporter tous les défauts formels de cette série, mais pas celui structurel et fondamental des scénarios lamentables. Chaque épisode, construit de la même manière, traîne en longueur avant d’essayer de se rattraper par une chute censée créer un effet « wahou » (également appelé effet « Planète des Singes« , ou encore effet « mais bon sang mais c’est bien sûr »). Au contraire, la pauvreté des intrigues fait ressortir tous les autres problèmes liés au budget de production anémique et à des choix artistiques désastreux : costumes et décors en carton, interprétation hésitante des acteurs non-anglophones, jusqu’au concept lui-même dont on se demande comment cette chose a pu devenir une série télévisée diffusée en France sur une chaîne publique. Chaque épisode convoque un ou deux grands noms parmi les seconds couteaux (au sens noble du terme) du cinéma mondial comme Rutger Hauer, Jimmy Jean-Louis, John Rhys-Davies, Scott Adkins, Dominique Pinon ou Frédérique Bel. Peut-être que c’est le matériau original qu’il faut remettre en cause, ce que n’a pas fait Lubrano. Le magazine Métal Hurlant, dont s’inspire la série, est une publication qui a duré quelques numéros entre 1975 et 1987, et le souvenir qu’il en reste est plus brillant que ce qu’il était vraiment – ce problème de perception bien connu est appelé « nostalgie » . Car au milieu de signatures de dessinateurs et auteurs aujourd’hui prestigieuses comme celles de Moëbius/Jean Giraud, Korben, Caza, BilalDionnet, Goimard se trouvaient celles d’inconnus qui le sont restés, pour cause de médiocrité. Ne parlons même pas de ce prétexte narratif, une comète maléfique, censée servir de fil conducteur entre toutes les histoires de cette anthologie télévisuelle. La goutte d’eau qui fait déborder la vase c’est aussi le sexisme anachronique qui parcourt le graphisme et qui atteint son paroxysme avec entre autres la prestation gagesque, et inutile, de l’actrice de films pornographiques Katsuni. Le dessin-animé de Gerald Potterton, Heavy Metal, a le mérite d’assumer tout le côté glauque et érotique du Métal Hurlant original, et d’avoir été réalisé en 1981. Autant dire un classique vintage, tout le contraire de ces chroniques.

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