American Horror Story 7 : Trump, énormément

L’anthologie d’horreur se fait plus politique que jamais en dressant le portrait d’une société américaine rongée par ses contradictions à l’ère Trump.

Depuis l’élection de Donal Trump, Ally pète un cable. Elle voit toutes ses vieilles phobies revenir à la surface. Peur des araignées, peur des trous et peur des clowns. C’est ce moment que choisit une bande de terroristes (non islamistes) justement déguisés en clowns pour semer la terreur en commettant des meurtres sauvages. C’est le « culte » annoncé par le titre. Il se construit petit à petit autour de Kai, un dangereux agitateur d’extrême-droite proche idéologiquement de l’autre clown pathologique qui gouverne les Etats-Unis. Les événements vont s’enchainer dans une grande complexité jusqu’à détruire Ally psychiquement et socialement, la série ayant une heureuse inclinaison à finir mal.

On sait après sept saisons que American Horror Story est capable du meilleur comme du pire. Ici on a un condensé du pire et du meilleur. Le meilleur c’est cette caricature de couple bobo et lesbien qui représente tout ce que l’Amérique de Trump déteste. Même si cela semble parfois tiré par les cheveux ce n’est pas inintéressant de voir comment les personnages basculent jusqu’à commettre des actes contre leur supposée nature. Il faut dire que tous trimballent leur lot de frustrations et un passé perturbé, sinon ils ne seraient pas des personnages de fiction. Comme à son habitude, l’anthologie se laisser aller à sa tendance à choquer le bourgeois avec des scènes de sexe plus ou moins explicites et des litres de sang. Malgré tout, les auteurs se permettent quelques belles saillies à travers des dialogues bien pesés dans la bouche du personnage le plus méchant. L’absence de la comédienne Jessica Lange depuis trois saisons est ici compensée par les performances de Sarah Paulson et Evan Peters. Malgré quelques petits défauts, cette septième reste supérieure en qualité à beaucoup de longs métrages récents basés sur des clowns ou des poupées, mais toujours inférieure à l’horreur du réel de 2017.

American Horror Story : Cult. Crée par Brad Falchuk et Ryan Murphy. Etats-Unis 2017.

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