"J'en ai marre de cette société féministe de merde. J'ai l'impression que nos pères se sont battus pour rien". (Affiche de Majorité opprimée).

Et si on faisait genre on inverse les rôles ?

Enfin un court-métrage français engagé ! Majorité opprimée de Eléonore Pourriat est totalement dans l’air du temps en ce non-printemps 2014.

Il nous montre à quoi ressemblerait, ou plutôt, ce qu’est vraiment notre société. Il suffit d’inverser les rôles entre les hommes et les femmes. Ce procédé avait déjà été utilisé dans White Man (Desmond Nakano, 1995) où John Travolta et Harry Belafonte échangeaient leur place dans une Amérique alternative où les Noirs sont la classe dominante et les Blancs sont prolos, rappeurs, voyous torses nus ostentatoires à la Tupac. Majorité opprimée se déroule en France, dans des environnements familiers et avec des personnages reconnaissables (on croise un homme voilé, furtivement mais quand même). Dans son court tourné en 2010 et qui resurgit sur le web à la faveur de l’actualité française (màj du 8/9/19), l’actrice et réalisatrice Eléonore Pourriat aide à dévoiler aux yeux de ceux qui n’en ont pas encore conscience l’affreux système de domination et de coercition qui pèse sur les épaules de nos amies, compagnes, soeurs, mères, et autres inconnues.

Majorité opprimée. Court-métrage de Eléonore Pourriat. Interprétation : Pierre Bénézit, Marie-Lorna Vaconsin, Jamel Barbouche, Céline Menville. Shadow Productions – France, 2010.