Parasite : le réveil des cloportes

Editée en vidéo, la Palme d’or du dernier festival de Cannes se veut aussi populaire. Et pourtant elle nous déçoit.

Ki-taek, sa femme et leurs deux enfants vivent de rien dans un petit appartement en sous-sol. Ils mangent du pain sec au petit-déjeuner et squattent le wifi des voisins. Et il y a des cafards. Mauvais dans les jobs honnêtes mal payés, mais habiles menteurs, ces misérables coréens s’entichent des Park, des bourgeois très propres sur eux et dont l’épouse est simplette. Le fils va devenir le prof d’anglais, puis va introduire sa sœur comme pédopsychiatre, qui va introduire le père comme chauffeur qui va introduire la mère comme gouvernante. Les Park sont littéralement parasités par les Kim jusqu’au jour où…

Pour ne pas spoiler l’intrigue, nous dirons que c’est une lutte des classes caricaturée qui se joue dans Parasite. Entre les Kim qui habitent dans un taudis en sous-sol, et les Park dans une villa de créateur. Même leur odeur corporelle les sépare. Ce sera d’ailleurs la limite à ne pas franchir qui fait basculer une comédie sociale en film d’horreur après un long glissement dans le sordide. Que le film mélange les genres n’est pas un problème. Le problème c’est le twist au milieu qui est difficile à accepter. A partir du moment où nous cessons d’être crédules, nous devenons conscient des effets de manches du scénario. Bong Joon-ho nous avait habitué à des histoires moins téléphonées et plus cohérentes, quand bien même il mettait en scène une créature mutante (The Host) ou un cochon transgénique (Okja).