Lucky Day CR: Brooke Palmer

Lucky Day : avarie au scénario et à la réalisation

L’acolyte canadien de Quentin Tarantino signe un énième film d’action-thriller, inutilement violent.

Luc Chaltiel est un tueur tellement psychopathe qu’il se croit français et parle avec l’accent français, alors que pas du tout. Red lui est un trentenaire avec une femme belle et intelligente et une fillette photocopiée sur la mère. Petite famille dont il jouit enfin après deux ans de prison. L’un sort de taule, l’autre part à sa poursuite, une histoire de vengeance familiale dont on se fiche pas mal en vérité.

Car tout dans le film de Roger Avary est prétexte à des scènes d’action, des tentatives de répliques cultes, et de la provocation. Tellement de provocation que le scénario en est usé. Qu’attendre d’un antagoniste qui n’hésite pas dès le début à semer la mort, y compris parmi les forces de police. Le personnage vit de la surenchère, il meurt par la surenchère. Pendant ce temps, les héros vivent une vie pépère et passive et ne se décident à agir seulement à la dernière minute. Roger Avary a donné le meilleur de lui, le scénariste, dans le passé. Silent Hill, True Romance, Crying Freeman, Pulp Fiction. C’est d’ailleurs à travers le casting de Lucky Day qu’il se permet de revisiter toute sa filmographie. Une filmo un peu sèche lorsqu’il est réalisateur, mais fructueuse dès qu’il est associé à un Tarantino ou un Christophe Gans. Lucky Day ravira les fans durs du binôme Avary-Tarantino, les autres le trouveront avare en idées cinématographiques et très maladroit dans ses dialogues français.

Lucky Day, de Roger Avary. France-Canada, 2019.

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