Comment je suis devenu super-héros : made in France

Un flic enquête sur le trafic d’une drogue qui donne des super-pouvoirs à ses usagers. Un film qui a le mérite d’exister et de ne pas commettre trop de fautes de goût.

Le goût qu’est-ce que c’est sinon une dictature des sens et du sens. Et selon notre boussole, Comment je suis devenu super-héros commet peu de fautes -de goût-. L’action se situe à Paris, en 2020, où les super-pouvoirs sont choses communes. Un trafic de drogue mène les enquêteurs Moreau et Schaltzman à une série d’enlèvements de surhommes. Aidés de deux anciens super-héros, ils vont livrer bataille contre un gang de mafieux.

Le pire était à craindre avec cette entrée française dans le genre super-héros, chasse gardée des majors américaines et de la culture de l’oncle Sam. Le pire est évité. Parlons bien de ce premier film de Douglas Attal. Comment je suis devenu super-héros remplit le contrat visuel. Pas de plans grandioses ici, on sort de l’influence néon-Blade Runner enfin, pour se contenter d’un Paris réaliste. Cette tentative de faire vrai est renforcée par les différents extraits de journaux télé interprétés par les vrais journalistes. A cela, sont plaqués les effets visuels qui s’intègrent parfaitement à cet environnement. C’est d’ailleurs plus un polar qu’un film de super-héros. Cette forme hybride est insatisfaisante, tant côté polar que côté fantastique. A part les costumes de Clovis Cornillac (muet, un gâchis), de Benoît Poelvoorde et Leïla Bekhti, on recense peu de faux pas. Les scènes d’action sont crédibles et les dialogues ne sonnent pas trop ringards quand on prononce le mot “pouvoir”. Alors pourquoi ça ne marche pas ? Peut-être à cause d’un antagoniste caricatural ? A moins que ce ne soit l’accumulation de clichés : le flic mal luné mais doué, obligé de faire équipe avec un autre qui est l’opposé, les second couteaux, etc. Sans parler de l’hétéro-normativité de l’ensemble. Globalement, on a affaire à un film assez plat mais jamais bas du front. Ne comptez pas sur nous pour dévaloriser cette tentative d’appropriation culturelle made in France, d’un genre habituellement fabriqué exclusivement sur le territoire nord-américain. Avec CINEMUSIC Radio.

Comment je suis devenu super-héros. Scénario : Cédric Anger, Douglas Attal, Gérald Bronner, Mélisa Godet, Charlotte Sanson. Réalisation : Douglas Attal. Photographie ; Nicolas Loir. Musique : Adrien Prevost. Interprétation : Pio Marmai, Vimala Pons, Leïla Bekhti. France, 2020.

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