X-Men : Apocalypse, no

X-Men Apocalypse

Sauver le monde contre un grand méchant, un air déjà entendu pour le cinquième épisode de la franchise Marvel-Disney.

Le jeune Charles Xavier et ses élèves ont cette fois affaire au tout premier mutant, l’antédiluvien et arabisant En Sabah Nur (« lumière du matin », une version comics de Lucifer). Ce super-vilain, réveillé par sa pile solaire et quelques incantations, recrute quatre mutants parfaitement accessoires pour devenir ses « cavaliers » de l’apocalypse. La catastrophe annoncée serait plutôt imputable au scénario. D’une part les protagonistes sont amenés à agir via des ficelles qui résonnent comme des échos à d’autres films de la même série. Autant parler de clichés : mort d’un proche, filiation paternelle et on en passe. D’autre part, le méchant de l’histoire est parfaitement générique. On pourrait le substituer à n’importe quel autre antagoniste de l’univers cinématographique de Marvel. Or, pas de bon film sans bon antagoniste. Son but est de régner sur le monde. C’est très original, une leçon de scénario même. James McAvoy et Michael Fassbender mènent cette barque chancelante dans un film dont le point culminant se déroule sur les ruines de l’ancien camp d’Auschwitz. Un choix cohérent par rapport à un des personnages principaux mais malaisé pour le spectateur du monde réel. Le point Godwin étant atteint, et non étayé d’arguments, suit la destruction des grandes capitales, parce qu’elles sont plus photogéniques.

Pour ce cinquième X-Men, Bryan Singer a abandonné la thématique de l’extermination des mutants par les humains fascisants et « normaux ». Comme un passage obligé parce qu’il faut suivre la ligne directrice tracée par les studios (voir notre critique de Captain America : Civil War), les mutants s’affrontent entre eux, une fois de plus. L’occasion d’une nouvelle orgie d’effets spéciaux et de tropes sexistes, sous prétexte de dénouement des conflits personnels des héros. C’est bien dommage, car ce qui fonctionnait très bien dans cette série, c’est la ligne de démarcation entre humains et mutants. Les mutants incarnant symboliquement la différence, quelle qu’elle soit. Ce discours intrinsèque ne résiste pas à cette nouvelle intrigue caractérisée par un Lucifer faiblard (Oscar Isaac totalement impuissant sous une tonne de maquillage). Pas plus qu’il ne passe le test de la cohérence chronologique, car depuis First Class qui se déroule du temps de la crise dite de la Baie des Cochons (1961), les héros n’ont pas pris une ride tandis qu’ils entrent dans les années 80. Apocalypse, malgré son titre tonitruant est en fait un simple et énième reboot qui sert surtout à (faire) passer le relais à des acteurs plus jeunes pour continuer à incarner et fructifier une saga datant de 1963.

X-Men : Apocalypse. Réalisation : Bryan Singer. Scénario : Bryan Singer, Simon Kinberg, Michael Dougherty, Dan Harris. Interprétation : James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence. Photographie : Newton Thomas, Sigel. Musique : John Ottman. Sortie française le 18 mai 2016.

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