Vine et Instagram en compétition officielle

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Ca bouge dans le micro blogging vidéo. Vine est désormais disponible sur les terminaux Android et se voit rejoint par un nouvel entrant : Instagram. 

On a revu du Vine récemment. A Cannes d’abord, pendant le 66e festival de cinéma. Non pas que les dieux et les déesses du 7e art ont daigné se pencher sur cette nouvelle catégorie de films, non, pas. Car s’il y a une sélection de courts-métrages, il n’y a pas encore de place pour les très très courts. C’est donc une marque de téléphonie tristement célèbre pour trente suicides de salariés survenus entre 2008 et 2010, qui s’est emparé du médium pour faire la promotion de son réseau 4G et de son rôle dans l’industrie du divertissement. Cette marque, également connue pour avoir un PDG mis en examen, s’est payé « le Roi du Vine », Adam Goldberg. Pour la série #CannesOnVine : l’américain a imaginé que Jean Cocteau en personne (en fait, un comédien français) lui confiait la mission de tourner des bandes annonces des films en compétition. Le résultat est vraiment intéressant et la référence au surréalisme pleinement cohérente avec les « haïkus » filmiques dont il nous gratifie depuis octobre 2012. Cette réputation acquise à coup de micro-films vaut aussi à Goldberg le privilège de faire partie du jury du festival du film de Tribeca appelé à désigner les 4 meilleurs vines. Au vu du résultat, on ne peut que saluer l’initiative des organisateurs de Tribeca qui s’affirme réellement comme un véritable think tank du cinéma dit « indé ». C’est finalement l’art et non pas une actualité violente (ni Boston, ni Syrie, ni Turquie) qui consacre la micro-vidéo. Au passage, le jury formé par Tribeca pour l’occasion nous a permis de redécouvrir l’existence du site drolatique 5 seconds films.

Début juin 2013 Vine a lancé sa version pour les téléphones et tablettes Android. Un portage faiblard selon de nombreux utilisateurs. Il est vrai que l’interface est très sommaire et les fonctions de recherche ne semblent pas encore installées. A peine quelques jours plus tard, Instagram ajoutait la possibilité de filmer des vidéos de 15 secondes et d’y superposer les effets qui ont fait le succès de la startup rachetée pour un milliard de dollars par Facebook. On aimerait bien croire la profession de foi affichée par les patrons d’Instagram mais on y entend bien trop de violons pour la qualifier d’honnête. Ces services gratuits ne vivent que par la pub. L’introduction de vidéos « sponsorisées » est la suite du programme, tout comme l’invasion de publicités dans le fil d’actualité est en train de devenir le quotidien des utilisateurs de Facebook. Soit.

Saluons la version Android de Vine en l’installant sur une tablette de marque coréenne et pas chère. Quand on arrive sur le fil des vidéos choisies par l’éditeur on est frappé par la profusion d’images animées. Car nul besoin d’appuyer sur une icône pour déclencher les films : ils sont jouées automatiquement dès qu’on passe dessus. Et là on ressent un sentiment qu’on croyait perdu dans le magma d’idées, d’images et de son dont nous abreuve internet. Mesdames et messieurs, j’ai nommé le sentiment poétique. Dans le lot on reconnait les délires de Goldberg qui a fini par trouver et imposer un style. Tant qu’à faire, installons aussi Instagram. Après avoir snobé pendant des années ses filtres bon marché, il nous est aujourd’hui interdit de passer à côté de cette fonction vidéo. MotionXmedia est donc sur Vine et Instagram. Avant de nous y rejoindre, laissez-nous le temps de réfléchir à ce qu’on va y mettre. Quelques secondes devraient suffire.

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