The American Astronaut : en terre méconnue

The American Astronaut est une comédie musicale de science-fiction-western, autant dire, un territoire méconnu à explorer pour peu qu’on ait un peu de témérité.

« Culte ou pas ? » s’interrogent les très rares critiques de The American Astronaut sur le web français. Le temps n’a pas encore décidé pour ce film tourné en 2001 en noir et blanc et en pellicule 16 mm. Curtis, « le pirate à la groseille » (une influence du Blueberry de Giraud ?) fait escale dans un saloon sur l’astéroïde Cérès, dans notre système solaire. Là, alors qu’on croit qu’il va se faire tabasser par deux hommes de main, ces derniers lui chantent une chanson. Parce que The American Astronaut est d’abord une comédie musicale. Et notre héros gagne un concours de danse et une mission : aller sur Jupiter, colonie minière exclusivement masculine, pour chercher le « garçon qui a vu une poitrine de femme », l’échanger contre la dépouille du seul mâle de Vénus, et empocher une grosse somme d’argent. Il est poursuivi par le Professeur Hess, un tueur à gag (il tue surtout quand il n’a pas de raison de le faire et quand on lui refuse de lui chanter un joyeux anniversaire).

On ne sait pas à quoi on a affaire quand apparaissent les premières images noir et blanc. On ne sait pas à quelle époque il a été tourné et on ignore tout de l’histoire qui va nous être racontée. En fait, nous sommes en territoire inconnu. Et ça fait un bien fou. Les décors, les effets spéciaux et les accessoires sont faits de bric et de broc, et cela semble être une intention plutôt qu’un manque de budget. L’argent est investi dans la composition et l’interprétation des chansons, un vieux rock un peu sale et barbu, comme les personnages. Ce n’est pas pour rien que ses rares spectateurs compare The American Astronaut à The Rocky Horror Picture Show. L’ambiance laisse une trace durable dans l’esprit du spectateur. D’ailleurs, dès le premier visionnage les chansons s’incrustent immédiatement dans la mémoire audiovisuelle, leur interprétation étant toujours haute en couleurs. Il y a plus de personnalité dans deux minutes de The American Astronaut que dans deux heures du Seul sur Mars de Ridley Scott. Et cette personnalité c’est celle de Cory McAbee, réalisateur, scénariste et interprète de ce film soutenu par le festival du cinéma indépendant de Sundance. McAbee, aujourd’hui à la tête d’un projet artistique et métaphysique (le Small Star Seminar), a été aussi le leader du groupe The Billy Nayer Show qui signe la bande originale de cette comédie avant tout musicale, là où aucun autre réalisateur ne s’était aventuré auparavant.

The American Astronaut. Réalisation et scénario : Cory McAbee. Interprétation : Cory McAbee, Rocco Sisto, Gregory Russel Cook. Musique : The Billy Nayer Show. Photographie : W. Mott Hupfel III. Etats-Unis, 2001. Sortie française : NC.

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