César-Oscar du générique le plus mélancolique : Téléchat

Une série pas comme les autres pour des enfants pas comme les autres.

Dès sa première saison Téléchat ne pouvait être une série pour enfants comme les autres. La série était différente des produits franco-japonais et par conséquent-inversement les enfants qui la regardait étaient eux aussi différents). Nous sommes en 1983 sur Antenne 2 dans le cadre de l’émission Récré A2. C’est une époque charnière, puisqu’elle précède la professionnalisation définitive du métier et la privatisation de la première chaîne. Avant cela, la télévision était une technique nouvelle ouverte aux fous et aux expériences. C’est peut-être pour cette raison que fut confiée à Roland Topor cette parodie de journal présentée par un chat et une autruche, recevant des invités comme une fourchette ou un fer à repasser. Topor, rien que le nom sonne pas normal. Romancier, dessinateur, acteur, il y collabore avec le belge Henri Xhonneux. Topor est de la génération de Jean-Christophe Averty (qui valait deux Topors, car il était Averty). Le résultat on l’attendait quand même tous les jours pendant trois ans, pour avoir notre dose de mélancolie et l’immanquable interview du gluon, particule sub-atomique toujours présente sur le plateau. Au regard du paysage français audiovisuel contemporain, Téléchat est une œuvre d’art, d’où la présence de son générique dans notre cabinet de curiosité.