Les nouveaux mutants : breakfast club

Le film le plus faible de la série X-Men n’est relié clairement à aucun des longs-métrages qui ont fait la réputation déjà bancale de la saga.

Après avoir échappé à un cataclysme d’origine indéterminé, Danielle, une indienne de réserve, se réveille dans un hôpital déserté par ses patients et son personnel sauf une poignée. Comme elle, les quatre autre adolescents captifs de l’établissement protégé par un champ de force sont des mutants dont le pouvoir se manifeste de manière dangereuse. L’ambigu Dr. Reyes, seul adulte à les surveiller, leur promet de passer bientôt dans l’institut d’un “supérieur” souvent cité mais jamais montré.

La genèse de ces Nouveaux mutants a été difficile mais n’excuse pas le ratage. Le film devait sortir il y a déjà deux ans pour aboutir aujourd’hui après des réécritures et des reshoots et probablement des remontages, sans compter un report pour cause de Covid-19. Même sur le papier, on ne voit pas ce qui aurait pu sauver le film de Josh Boone. Ce dernier a été embauché sur la foi du succès de Nos étoiles contraires, un drame adolescent sur fond de cancer. Ici, c’est la mutation qui sert de métaphore à l’adolescence, cette période de transformation et de découverte que nous avons tous tellement apprécié. Les nouveaux mutants s’inspire très clairement du Breakfast Club de John Hugues (1985) qui voyait cinq adolescents retenus pour mauvaise conduite se confronter et apprendre à se connaître. Il n’y rien de nouveau dans ces mutants de panurge, le thème de l’adolescence (et celui de l’homosexualité) courant déjà dans toute la série de films en étant mieux traité. La réalisation a choisi de mélanger le film de super-héros et le film d’horreur sans qu’aucun des deux genres ne se distingue ou ne fasse qualité. Les nouveaux mutants cumule les clichés et les effets spéciaux numériques dégueulasses, en particulier en fin de parcours où se montre l’inévitable monstre en images de synthèse. L’action démarre tardivement et peine à déclarer son antagoniste. Elle ne se raccroche que par quelques flashs à une séquence du Logan de James Mangold (2017). C’est dommage de gâcher de jeunes comédiennes comme Anna Taylor-Joy (The Witch), affublée d’un accent russe et d’un caractère de fausse chipie, et Maisie Williams (Games of Throne), à l’accent britannique surjoué et couverte de poils de loup intermittents.

Les nouveaux mutants. Scénario : Josh Boone, Knate Lee. Réalisation : Josh Boone. Interprétation : Anna Taylor-Joy, Maisie Williams, Charlie Heaton. Etats-Unis, 2020.

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