Jupiter’s Legacy : Millarworld en orbite géostationnaire

Les adaptations de BD de super-héros au format série se suivent et ne se valent pas.

Après les succès de The Umbrella Academy, The Boys, WandaVision et Falcon et le Soldat de l’Hiver, les séries de super-héros adaptés de comics ont le vent en poupe. Cette fois c’est l’histoire de deux générations de “super-gens”. En 1932, Sheldon, son frère Walter, leur ami Georges et trois autres jeunes américains explorent une île au large du Maroc qui leur est apparue en rêve. De cette aventure ils ressortiront doués de super-pouvoirs, une puissance qu’ils vont mettre au service de l’Amérique abattue par la dépression économique. De nos jours, confrontés à la jeune génération de super-héros, dont leurs enfants-rois, ils doivent se remettre en question. Walter alias Brainwave, complote contre Sheldon, alias Utopian, l’être le plus puissant de la planète, afin d’installer un nouvel ordre mondial.

Jupiter’s Legacy est donc d’abord un très bon comics créé en 2013 par Mark Millar et Frank Quitely. Millar est connu pour Kick Ass et Kingsman, également adaptés au cinéma avec un certain succès. L’auteur est tellement prolifique qu’il possède son propre univers de comics, le Millarworld, racheté en 2017 par Netflix. Mais force est de constater que cette première série Jupiter’s Legacy s’éloigne beaucoup de la trame originelle. D’une part, elle allonge considérablement le temps. L’épisode de la découverte de l’île mystérieuse est raconté en 5 pages dans la BD, il occupe ici toute la première saison. Il en va de même pour la mise en place des personnages et des enjeux. Netflix aurait pu produire une mini-série pêchue en deux saisons mais la firme américaine semble avoir choisi la stratégie du long terme, espérant profiter des audiences sur plusieurs années. D’autre part, la série multiplie les personnages secondaires au risque de perdre le spectateur et diluer encore plus les intrigues les plus importantes.

Jupiter’s Legacy est concurrencée de tous les côtés par ses prédécesseurs. Par Invincible pour la narration. Par The Boys, pour le portrait de super-héros décadents. Par Umbrella Academy pour le côté apocalyptique. Par Falcon et le Soldat de l’Hiver pour les scènes d’action. Par tous, pour les effets spéciaux. Dépouillé de tous les atours du genre super-héros, il reste de Jupiter’s Legacy un simple drama familial qui se refuse à faire démarrer une action déjà peu palpitante. Est-ce que le départ de son showrunner à mi-chemin de la production a quelque chose à voir avec les nombreuses imperfections relevées ici et là ? Au lendemain de sa diffusion, les critiques négatives s’accumulent, mettant en péril une saison 2 et peut-être même l’avenir de ce “Millarworld”. (Avec CINEMUSIC Radio).


Jupiter’s Legacy. Créée par Steven S. DeKnight, d’après Mark Millar et Frank Quitely. Interprétation : Josh Duhamel, Ben Daniels, Leslie Bibb. Musique : Stephanie Economou. Etats-Unis, 2021. Netflix.

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