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Annette : enfant terrible

L’enfant terrible du cinéma français – parmi les plus créatifs – signe son retour en fanfare, après un déjà étonnant Holy Motors.

Le meilleur moyen de se préparer à la projection d’Annette et de ne pas être préparé. Nous avons donc reçu le film avec le public français, au lendemain de sa présentation en ouverture du 74e festival de Cannes. Et le film surprend, par sa forme. L’histoire raconte la romance entre une chanteuse lyrique passive et un humoriste auto-destructeur. De leur amour naît Annette, un bébé doté d’un talent particulier qui va se révéler au moment le plus tragique de sa jeune vie. Car l’humoriste s’avère être un triste sire.

Voilà, ça c’est du cinéma. Une première chorégraphie nous entraîne sur une chanson des Sparks (So May We Start) et continue sur un scénario et une musique des Sparks. Annette est donc aussi un opéra-rock. La mise en scène rend honneur à la musique, elle lui donne d’autres dimensions, celles du geste, du corps et du décor. Des décors et des effets grandiloquents d’ailleurs qui feront jaser les critiques. Carax ne parvient malheureusement pas à terminer son film sinon par un fondu au noir alors qu’il l’avait ouvert en grand son et lumière. Ce qui ne l’empêche pas d’atteindre des moments de grâce, gâchés peut-être par des longueurs (2h20). Ce n’est pas forcément une palme d’or qui attend Annette, mais par son souffle et son ambition, il mérite le privilège d’être classé, non dans la catégorie “comédie musicale” ou “drame”, mais dans “Cinéma” avec un grand C.

Annette. Scénario : Ron et Russell Mael. Réalisation : Leos Carax. Interprétation : Adam Driver, Marion Cotillard, Simon Helberg. Musique : Ron et Russell Mael. Photographie : Caroline Champetier. France, 2021.