Upgrade : mise-à-jour et/ou à mort

En intégrant la machine dans l’homme, Upgrade raconte l’inverse de l’histoire de Robocop. Et c’est prequse aussi pire que chez Verhoeven.

Dans un futur très très proche, Grey s’obstine à rester “analogique”. Contrairement à beaucoup, il ne s’est jamais fait poser d’implants, il aime écouter du rock sur des vinyles, et il préfère parler aux belles mécaniques plutôt qu’aux voitures motorisées par l’intelligence artificielle (IA). Mais lui et son épouse sont victimes d’une agression mortelle qui le laisse paraplégique. Après le deuil de sa femme et de son corps, une sorte d’Elon Musk emo propose de lui greffer une IA dernier cri pour lui rendre les cinq sens et éventuellement le doter de solides notions d’arts martiaux . Tout est réuni pour faire de Upgrade une comédie d’action à la Jackie Chan, sauf, heureusement, le drame initial. C’est pour cela que l’histoire se perpétue en un thriller attendu et une tragédie ultra-moderne.

Moins bien que Robocop

C’est un plaisir de retrouver Logan Marshall-Green. L’acteur américain nous a agacé dans Prometheus, surpris dans The Invitation, et manqué dans Spider-man : Homecoming où il fait une remarquable apparition en petit méchant éphémère. Upgrade le met bien en valeur puisque le scénario lui permet d’exprimer tour à tour l’amour, la dépression, la sidération, le désir de vengeance, l’horreur, la résistance, et le renoncement. Pour son malheur, Marshall-Green est qualifié par certains critiques américains de “Tom Hardy de seconde zone”, parce qu’ils se ressemblent et que le second est classé premier devant le premier en termes de renommée. C’est pas sympa. Venom, le blockbuster de super-héros basé sur un principe similaire et dont Hardy hérite du rôle-titre, sort une semaine après Upgrade, film à petit budget. Au risque de voir la prestation Marshall-Green éclipsée par celle de Hardy. Ce serait bien dommage. S’il n’arrive pas au niveau du Robocop de Verhoeven dont il se réclame (par son slogan : « Ni machine. Ni homme. Plus. » vs. « Moitié homme, moitié machine, entièrement flic.« ) et souffre de quelques tropes de série B, Upgrade bénéficie d’une réalisation et d’une interprétation convaincues et honnêtes. En témoigne le dénouement qui ne fait aucune concession aux attentes d’un box-office réputé docile. On vous épargne la bande-annonce trop spoilante.

Upgrade (2018). Scénario et réalisation : Leigh Whannell. Interprétation : Logan Marshall-Green, Melanie Vallejo, Steve Danielsen. Musique : Jed Palmer. Photographie : Stefan Duscio. Montage : Andy Canny. Direction artistique : Mandi Bialek-Wester. Australie, 2018. Sortie française : 3 octobre 2018.

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