La meilleure série d’horreur en trois visuels

L’horreur est peut-être le genre le moins abordé en série télé. D’abord parce que c’est difficile de terrifier le spectateur. Ensuite, il faut y tuer les personnages attachants de temps à autres. Ce qui, pour fidéliser le chaland, est loin d’être une stratégie gagnante.

La meilleure série de peur, et donc l’unique finalement, a pointé le bout de son nez sanglant en 2011 sur la chaîne américaine FX. Son nom : American Horror Story. Tout au long d’une dizaine d’épisodes, les auteurs revisitent le mythe de la maison hantée à travers la petite histoire d’une famille américaine qui voulait changer de vie en changeant d’habitat. La série formatée pour une seule saison réussit plusieurs tours de force : mettre le spectateur mal à l’aise, tuer ses personnages principaux au fur et à mesure, et ressusciter Jessica Lange en grande actrice qu’elle n’a jamais cessé d’être. Contre toute attente, cette première salve est suivie d’une seconde saison. Cette fois l’action se déroule dans un asile psychiatrique des années 50 géré par l’Eglise. Obscurantismes scientifiques et religieux talonnent le sadisme du personnel, tout en retournant le destin de personnages, innocents ou pas du tout, hantés par des démons aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Autre exploit : imposer de nouveau le talent de Lange, et d’autres comédiens de la première saison, sous des rôles différents. De mémoire de spectateur, on n’avait jamais vu ça ou alors dans ces rêves bleus où la liberté de création n’est pas entravée par la peur… d’un diffuseur et ses préjugés sur la capacité du public à encaisser des chocs psychologiques. Les chocs sont aussi parfois cognitifs, civilisationnels, notamment lorsqu’il s’agit d’écouter en boucle avec les patients de l’asile une chanson beaucoup trop célèbre de Soeur Sourire qui vous arrachera des larmes ou des cheveux.

De plus, hier soir nous avons reçu sur nos téléscripteurs un nouveau visuel annonçant l’arrivée de la troisième saison qui prend pour cadre un couvent (de sorcières). Jessica Lange est de la partie, comme une pierre angulaire artistique, rejointe par Angela Basset (Strange Days), Kathy Bates (Misery) et Gabourey Sidibe (Precious). En France, la série est diffusée par Ciné+ Frissons et Ciné Club. American Horror Story introduit la perversion dans la fiction télé, casse certaines convention (comme celle qui veut qu’on n’introduise pas la perversion dans la fiction télé), et atteint son objectif de susciter chez le spectateur sinon la peur au moins le malaise. Des intentions finalement saines et louables, véhiculées par les trois images ci-dessous ordonnées selon la succession des saisons.

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