Cyriak, le Escher de la chair

Escher rencontre Lovecraft rencontre Mandelbrot.

Escher créait des architectures impossibles mais il conservait les formes inanimées et vivantes intactes. Cyriak Harris, vidéaste britannique, emprunte les perspectives et les entrelacs déments du peintre néerlandais pour créer des cauchemars psychédéliques qui ne laissent personne indifférent.  Des moutons, des chats, des lapins, et des oursons – soit le bestiaire préféré du net, passent à la moulinette numérique. L’humain aussi, jusque dans les entrailles. En quelque sorte, Cyriak est le Escher de la chair. Sa méthode qu’il explique dans de longs tutoriels rappelle celle de l’illustrateur Ralph Steadman : en jetant des matériaux et des motifs numériques dans Photoshop et After Effects, des formes nouvelles se révèlent.  Il ne reste “plus qu’à”. Accompagner l’idée et le mouvement qui naissent derrière la moindre modification d’un de ces centaines de calques qui composent une image à l’écran et pourtant invisibles aux yeux du public. L’auteur, qui est aussi son propre musicien, ne s’est jamais revendiqué de Lovecraft, et pourtant, ses visions concrétisées méritent le qualificatif “indicible” car indescriptibles.  C’est dérangeant mais assez beau pour que des marques comme Coca ou Adult Swim lui confient leur identité visuelle le temps d’un générique.

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