Tales From The Loop : machines molles

Amazon Prime Video intrigue avec une anthologie de science-fiction contemplative et triste.

Le Loop (la boucle) c’est l’autre nom donné à un centre de physique expérimentale censé “étudier et élucider les mystères de l’univers”. Tous les personnages de cette anthologie et leurs histoires gravitent autour de cette installation souterraine qui fait vivre tout un village. Quand Loretta, l’héroïne du premier épisode, demande à sa mère ce qu’ils fabriquent dans le Loop elle répond : “tu ne comprendrais pas”. Le spectateur non plus ne comprend pas en quoi consiste cette “éclipse”, sorte de réacteur en lévitation. Ce qui compte ce sont les protagonistes et l’ambiance dans laquelle ils baignent. On ne saurait dire si la série se déroule dans le futur ou dans les années 80. Il règne une grande mélancolie dans ces tableaux qui doivent d’ailleurs être appréhendés par l’émotion avant l’intellect. Ainsi, la petite Loretta se retrouve privée de sa maison et de sa mère suite à un glissement temporel (?) et confrontée à son moi adulte. Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas, on ne nous dit pas. Et c’est ainsi pour chaque épisode, chaque protagoniste.

Tales From The Loop est inspiré des tableaux poétiques de l’artiste suédois Simon Stålenhag. Sa spécialité : représenter la campagne suédoise en y insérant, en arrière-plan, des éléments de science-fiction rétro-futuristes (d’où le flou temporel). Ce qui fonctionne avec des images fixes ne suit pas forcément une fois adapté en chair et en os. Il faut, pour le spectateur, accepter d’en savoir moins que les personnages et de ne rien comprendre au pourquoi et au comment des événements. Néanmoins on salue l’effort et le packaging. Pour la musique, les producteurs ont fait appel à Philip Glass qui joue la même boucle musicale depuis 40 ans. Au casting on retrouve Jonathan Pryce et la rare Rebecca Hall. Le rythme et la forme font de Tales From The Loop le contraire d’un Stranger Things où la tristesse remplace la nostalgie.

Tales From The Loop. Créée par Nathaniel Halpern d’après Simon Stålenhag . Etats-Unis, 2020.

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