Lincoln, ou la défense Spielberg

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Sujet de luxe, casting de luxe, maquillage de luxe, décors de luxe, lumière de luxe. On ne voit pas comment Monsieur Steven Spielberg aurait pu exiger et obtenir moins pour ce dernier film dont la bande-annonce circule depuis ce matin.

Parmi les acteurs qu’on ne reconnaitra pas, il y a l’extraordinaire Daniel Day Lewis qui joue le rôle-titre. Abraham Lincoln reste l’une des figures politiques la plus connue hors des frontières états-uniennes. Pour cause, de son vivant ses décisions ont eu des répercutions sur le monde entier, mais peut-être encore plus après sa mort en avril 1865. Quelques mois plus tard, un amendement qu’il avait conçu dès 1863 mettait fin à 500 ans d’esclavage sur tout le territoire de la nouvelle nation et garantissait des libertés et des droits aux afro-américains. En même temps, en réaction à ce progrès humain, eut lieu une terrifiante régression appelée le Ku Klux Klan. Fort de son expérience précédente sur le terrain historique et guerrier (Cheval de guerre), Spielberg démontre à nouveau sa maîtrise totale de la caméra ainsi que sa fâcheuse tendance au mélo et à l’emphase. Mais le titre cache un autre Lincoln, Robert Todd, le fils aîné du 16e président, interprété par un Joseph Gordon-Levit qui apparait en première place dans le générique et aux côtés du réalisateur durant la promotion. On peut supposer, avec une légère marge d’erreur, que ce dernier film aborde à nouveau le thème obsessionnel de Spielberg, la relation père-fils. Tout le reste, la guerre de sécession ou la libération des esclaves, n’étant que prétexte, de luxe.