Alan Turing en 1951, National Portrait Gallery, Londres.

Alan Turing, génie persécuté

Alan Turing en 1951, National Portrait Gallery, Londres.
Alan Turing en 1951, National Portrait Gallery, Londres.

Le destin tragique du héros et mathématicien Alan Turing fait l’objet d’un long-métrage avec Benedict Cumberbatch, à voir en 2014.

C’est la Warner qui a lancé le projet, il y a déjà deux ans. Cette fois le chantier a été confié à Morten Tydum, un réalisateur norvégien bientôt en vogue. The Imitation Game est l’oeuvre d’un inconnu nommé Graham Moore. Son scénario a été élu meilleur film non-produit en 2011 par la Black List, très loin devant Django Unchained de Tarantino. Ce ne sera ni une comédie, ni un film de culture geek. Turing a inventé les concepts essentiels de l’informatique, et a été l’artisan majeur du cassage de la « Machine Enigma », une sorte de grosse appli qui servait à crypter les transmissions de la flotte nazie au début de la Deuxième Guerre. Pour le remercier de son effort, et parce que la paix était revenue, il est traîné en justice pour homosexualité. Pour éviter la prison Turing « accepte » la castration chimique par injections d’œstrogènes, des hormones femelles. Sa mort en 1954 reste un mystère, accident ou suicide, par intoxication au cyanure cela est certain. Une pomme entamée a été retrouvée près de son cadavre. Il est supposé que celle-ci avait été imprégnée du poison. Une légende urbaine électronique raconte que l’idée du logo d’Apple viendrait de cette pomme. Pour la fiction, toutes les hypothèses sont bonnes à prendre. Toutefois, d’après Carson Reeves/Chris Eads, bloggueur apprécié et haï pour ses critiques de projets en développement, une lecture du scénario révèle des similitudes avec The Social Network, soit le récit d’un autiste qui crée une machine/un logiciel parce qu’il n’arrive pas à se connecter aux humains.

L’Histoire n’a pas fini avec Alan Turing. Alors qu’il est célébré par la communauté scientifique, le gouvernement britannique ne l’a toujours pas gracié officiellement. En décembre 2012, Sir Stephen Hawking et d’autres megaminds anglais ont plaidé sa cause auprès du premier ministre David Cameron. Le titre « Le jeu de l’imitation » est le nom poétique d’une série de tests inventés par Turing afin de mesurer l’intelligence artificielle, voire de distinguer l’homme de la machine, voire une femme d’un homme. Tout un programme.