Notes On Blindness – Into Darkness : premier film d’auteur en VR

Présenté à Cannes en 2016, Notes On Blindness – Into Darkness nous fait goûter la saveur amère de la cécité dans la réalité virtuelle (VR).

En 1983, après plusieurs années d’une longue descente, comme Borgès, le théologien et écrivain nord-américain John Hull est devenu aveugle. A partir de là, il décide de consigner ses observations, ses sentiments, sur des cassettes audio qui servent de matière première à ce film existant sous deux formes. La première c’est celle d’un documentaire de création. La seconde, celle qui nous intéresse, est divisée en 5 tableaux interactifs, et elle n’est accessible que par le casque de réalité virtuelle et l’application dédiée marqués Samsung pour le moment.

D’abord confrontés à l’obscurité totale, les sens du spectateurs s’éveillent peu à peu aux sensations évoquées par John Hull. D’abord le son, le bruit d’un orage. Puis l’expérience offre ce qui ressemble le plus à la vision d’une chauve-souris ou d’un radar de sous-marin. Comme renvoyés par un sonar, les contours des choses nous apparaissent. Gouttes de pluie sur le sol, enfant courant à proximité, feuilles d’un arbre secouées par le vent. Sous le casque de Samsung le Gear VR, nous retrouvons à nouveau des sens. Mais nous perdons totalement la perception de l’autre monde autour de nous, le vrai monde. C’est un peu étrange que le premier vrai film d’auteur (il est produit par Agat Films, c’est un des critères que nous retenons) en réalité virtuelle porte sur la privation d’un sens. Après tout, c’est comme entrer dans une salle de cinéma pour se priver du reste du réel.

Notes On Blindness – Into Darkness (VR). Texte et voix : John Hull. Directeurs de la création : Arnaud Colinart, Amaury la  Burthe, Peter Middleton, James Spinney. Directeurs artistiques : Béatrice Lartigue, Fabien Togman, Arnaud Desjardin. Développeurs : Thomas Couchard, Florent Dumas, Robin Picou. Etats-Unis / France, 2016.

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