Cosmatos dans le cosmos

Beyond The Black Rainbow still image

Imaginez un monde où le fils du réalisateur de Rambo 2 pond un ovni filmique à mi-chemin entre Lynch et Kubrick. Ce monde bizarre, c’est le notre.

Il paraît qu’il y a des films très « attendus » en 2012. Le voyage des nains de jardin de Peter Jackson, la nouvelle aventure sexuelle de James Bond tout comme les acrobaties de l’homme-araignée, semblent en effet attendus, c’est à dire prévisibles. Difficile d’en dire autant du premier film de Panos Cosmatos, Beyond The Black Rainbow (Au-delà de l’arc-en-ciel noir, BTBR). A en juger par le trailer et le synopsis, c’est l’ovni qu’on n’attendait pas mais qu’on souhaitait subconsciemment.

L’action de BTBR commence au début des années 80, « dans l’Amérique de Reagan« . Un psychanalyste malade – pléonasme – manipule l’esprit d’une jeune patiente par le biais d’une machine sophistiquée. Pour échapper à son emprise, elle devra explorer les tréfonds de l’institution crypto-psychiatrique qui la retient prisonnière. On ne va pas vous mentir : malgré le haut niveau d’étude de l’ensemble des membres de la rédaction (tous ensemble nous totalisons un bac+32), nous avons été incapables de comprendre cette bande-annonce.

Raison de plus pour s’intéresser à ce territoire imprévisible et étrange. Visuellement, l’objet promet une rupture au moins aussi forte et personnelle que fut The Fall de Tarsem Singh ou même, n’ayons peur de rien, 2001 de Kubrick dont on perçoit distinctement l’influence. En termes de narration, on dirait l’enfant illégitime de David Lynch et Vincenzo Natali (Cube). Alors que Panos Cosmatos est le fils légitime de George Pan Cosmatos. Ce réalisateur a tourné avec des stars de l’époque juste après le cinéma muet, telles que Roger Moore, Telly Savalas, Claudia Cardinale, Raquel Welch. David Niven, Marcello Mastroiani. Mais pour les spectateurs de moins de 60 ans, Cosmatos est surtout le réalisateur de Cobra et Rambo 2.

BTBR tourne depuis presque deux ans dans des festivals indépendants et branchés. De quoi lui faire une réputation de « film culte », du genre de ceux qui divisent le public entre adorateurs fous et détracteurs pathologiques. La date de sortie française, tout comme l’état psychologique réel de son auteur, n’est pas connue.

BeyondTheBlackRainbow

There are 5 comments

  1. Arnoldo

    « Lynch a raté les 90 dernières minutes d’Eraserhead, et Kubrick la totalité de Eyes Wide Shut »… Plutôt être sourd que d’entendre ça.

  2. Rachid Ouadah

    La critique négative que vous soumettez ne concerne à priori que le dernier quart-d’heure du film. Tandis que Lynch rate les dernières 90 minutes d’Eraserhead, et Kubrick à peu près la totalité de Eyes Wide Shut. Quant à leurs oeuvres les plus marquantes (2001, référencé par Cosmatos, ou Lost Highway) elle suscite encore du rejet de la part de nombreux spectateurs.

    Ce film n’a aucune chance de sortir en France, raison de plus pour lui en laisser une et ne pas se laisser influencer par tel ou tel avis.

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