Birdbox : et les enfants d’abord

Après le succès de Gravity, Sandra Bullock revient sur Terre pour subir une apocalypse qui condamne l’Humanité à survivre les paupières fermées.

Ce qui saute aux yeux à l’ouverture du film, c’est ce gros plan en travelling arrière qui découvre le visage de Sandra Bullock. Dès lors, on distingue la plastique artificielle de la comédienne dont la lèvre supérieure porte la marque de la chirurgie rajeunissante. Pardon mais l’effet produit est identique à celui de la « vallée dérangeante« . Heureusement, Bullock est une grande actrice et on oublie vite ce détail tandis qu’elle expose la situation à deux enfants (sont-ce les siens ?) et en même temps au spectateur. Puis à force de flashbacks, on recompose le fil des événements. Malory attend un enfant, assistée par sa soeur Jessica (Sarah Paulson, toujours super). A quelques semaines de la naissance, il se produit un phénomène étrange qui a tout l’air d’une hystérie collective : exposés à des hallucinations, les gens se suicident. Le spectateur n’en saura pas plus sur l’origine de l’épidémie. Le seul moyen de survivre est de se calfeutrer chez soi et d’éteindre tous les écrans. Malory va devoir atteindre un sanctuaire où ils pourront vivre à l’abri du mal et des fous dont la présence est signalée par l’agitation de canaris transportés dans une boite en carton (“Birdbox”).

Birdbox réunit beaucoup de tropes de la SF/anticipation récente. On pense à Annihilation, Phénomènes, Le livre d’Eli et tout un tas d’autres films apocalyptiques qu’on a oubliés. Tiré d’un livre inconnu, réalisé par une scandinave primée et respectée, Birdbox est aussi adapté par Eric Heisserer, déjà responsable du script de Premier contact (Denis Villeneuve) mais aussi, et ce n’est pas forcément de sa faute, du prequel de The Thing, qui ont pour point commun de mettre en avant un personnage féminin. L’histoire, mise en scène en mode mineur, est prenante et les héros, souvent confrontés à des choix cornéliens, suscitent l’empathie. Bullock porte ses enfants et le récit sur ses épaules. Le sous-texte est puissant : il faudrait éteindre tous les écrans, ne plus voir la lumière du jour, et rester chez soi. Pour se préserver de ce monde insensé, électronique ou physique, dans lequel circulent fake news et autres hallucinations, capables de nous détruire mentalement et physiquement. Toutefois, à cette thèse qu’on pourrait qualifier de réactionnaire ou peureuse, il est donné une conclusion positive : quand la catastrophe arrivera, c’est dans l’être humain que l’Humanité trouvera son salut. 

Birdbox. Scénario : Eric Heisserer d’après Josh Malerman. Réalisation : Susanne Bier. Etats-Unis, 2018. Sortie française : 21 décembre 2018 (Netflix).

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