Annie Hall chez les hipsters

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Insoutenable légèreté d’une intrigue qui emprunte à Annie Hall, au documentaire et aux hipsters, c’est Frances Ha de Noah Baumbach.

Le noir et blanc arty d’abord, la légéreté ensuite. Frances, 27, est une « wannabe ». Elle voudrait bien être. Etre danseuse surtout. Elle a ce côté lunaire qui inévitablement rappelle la folie douce de l‘Annie Hall de Woody Allen. Mais au lieu d’une romance hétéro, Noah Baumbach et sa compagne auteure-titre ont remplacé le petit intello juif à lunettes par une intello juive à lunettes, Sophie, qui est aussi le pygmalion de Frances. Le noir et blanc n’est pas non plus sans rappeler Manhattan. Mais hélas, c’est un New York déserté qui nous est montré. Déserté de la poésie, de l’humour, de Gershwin, vidé de ses années 70. Il reste les enfants de Allen et Keaton, des personnages socialement doués, évoluant dans les industries créatives, des hipsters. Il y a même ce ce jeune  homme écho aux rôles d’Allen, qui écrit des sketchs pour la télévision. Et au milieu, Frances, « insortable » et perdue comme un fétu de paille au milieu d’une intrigue légère… légère… On oublie presque qu’à quelques blocs de là eut lieu en 2001 un véritable acte de guerre. A l’inverse de ces lourdes tours qui sont tombées sur elles-mêmes, Frances Ha est une analogie de la légèreté, que la sympathique héroïne, à force d’entre-chats, finit par toucher du doigt à la fin du film.

Frances Ha – un film de Noah Baumbach et Greta Gerwig. Avec Greta Gerwig, Mickey Summer, Adam Driver. Photographie de Sam Levy. USA, 2013.

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