La loi de Téhéran : Midnight exprès

Un polar iranien primé nous montre une facette peu reluisante de la société des mollahs. Une plongée glauque dans la toxicomanie et le milieu carcéral.

En 2020, le nombre de consommateurs réguliers de crack en Iran dépasse les 6 millions. Et la sanction pour possession de 30 g comme de 30 kgs est la même : la mort. Dans ce contexte qui ferait passer le quartier parisien de Stalingrad pour un paradis, Samad enquête pour l’Etat. Son but est de faire tomber le plus gros narcotrafiquant en coinçant les intermédiaires d’abord. Mais quand il parvient enfin à mettre la main sur Nasser, LE parrain, celui s’avère suicidaire et moralement à l’aise avec ses actes.

Polar dense, primé au festival de Reims, La loi de Téhéran est le genre de film qui ne laisse aucun répit. Il commence par la violence physique et continue ensuite avec une autre forme de violence plus insidieuse. Par exemple, l’auteur-réalisateur a tenu à employer de vrais toxicomanes. Alors on voit ces corps décharnés, détruits par la consommation de crack, qui sont dans presque toutes les scènes. La mise-en-scène très mature (Safeed Roustaee n’a que 32 ans) a attiré l’attention d’un maître du genre, William Freidkin, qui a déclaré que La loi de Téhéran était le meilleur thriller qu’il avait jamais vu. Il ne faudra pas s’étonner si, comme elle le fait souvent, l’industrie hollywoodienne embauche son créateur pour donner de l’authenticité à ses blockbusters. En attendant, en Iran, malgré les condamnations à mort et la répression, la consommation continue.

La loi de Téhéran. Ecrit et réalisé par Safeed Roustaee. Interprétation : Payman Maadi, Navid Mohammadzadeh, Houmann Kiaie. Photographie : Hooman Behmanesh. Musique : Peyman Yazdanian. Iran, 2021.

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