Westworld : bonjour monde cruel

HBO transpose Le film « culte » des années 70 dans une série entre science-fiction et western, et sans tabous.

Il ne fait pas bon vivre dans Westworld. D’abord c’est littéralement le far-west. Pire, c’est un parc d’attraction où de riches visiteurs viennent donner libre cours à leurs pulsions aventurières, sexuelles, ou meurtrières. Le secret du réalisme des « attractions » de Westworld : des êtres artificiels imitant parfaitement la vie humaine. Un peu trop parfaitement. Une erreur informatique ou peut-être quelque chose de plus malin provoque une crise existentielle chez les machines. Sans compter les agissements bizarres d’un client qui se permet le pire, du viol à la tuerie de masse. Et contrairement aux hôtes artificiels, les invités humains ont tous les droits.

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Westworld essaie de nous en mettre plein la vue dès le générique avec une séance de name-dropping sur des images à la Ghost In The Shell. J.J. Abrams et Johanathan Nolan (le jeune frère et fidèle compagnon de Christopher) sont aux commandes de la production, le second a même réalisé le premier épisode. La présence du producteur de Cloverfield et Fringe, et celle du scénariste de Memento et Interstellar laisse présager donc du meilleur. Le casting est du même niveau : Anthony Hopkins, Ed Harris, Thandie Newton, Jeffrey Wright, James Mardsen, des créatures de plateaux de cinéma servies à la louche dans une série télé. On reste surpris par cette tendance lourde de la série américaine à débaucher des stars du grand écran. Ce nouveau Westworld s’éloigne heureusement de la version de 1973 : ce n’est plus la technologie qui est à craindre mais encore et toujours l’être humain. A noter que certaines scènes ne s’embarrassent pas de la nudité des comédiens souvent exposée de manière clinique. Dans la fiction américaine très puritaine la chose est assez rare et est devenu un marqueur de maturité. Le niveau de violence est d’ailleurs équivalent au niveau d’érotisme. La bande-son a été soignée particulièrement puisque, en filigrane, on entend des reprises instrumentales ou minimalistes (jouée par le piano du saloon) des classiques de la pop culture, comme les Rolling Stones ou Soundgarden.

C’est encore trop tôt pour juger cette série de dix épisodes. Mais dans ses deux premiers chapitres elle a déjà abattu ses cartes majeures. Il faut constater pourtant, en termes narratifs et thématiques, qu’on à affaire là au digne successeur du Blade Runner de Ridley Scott plutôt qu’à celui du Westworld de Michael Crichton.

Westword. Une série de Lisa Joy et Jonathan Nolan d’après Michael Crichton. Scénario : Lisa Joy, Jonathan Nolan, Michael Crichton. Interprétation : Evan Rachel Wood, Thandie Newton, Jeffrey Wright. Musique : Ramin Djawadi. Etats-Unis, 2016.  

Alexandre Pesavento

About Alexandre Pesavento

Correspondant de presse à Los Angeles pour d'autres journaux, j'agis ici sous pseudo et profite de mon exil pour voir des films que vous, petits Français, ne verrez peut-être jamais.

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