The Man in The High Castle 2 : fin de mondes

La seconde saison de la série uchronique lancée par Amazon prend un tournant plus dramatique, histoire de finir l’année 2016 en mocheté.

Quand un acteur tombe sous les balles tirées par un autre, on sait que c’est pour de faux et qu’il se relève hors champ pour reprendre vie en dehors du plateau lorsque l’opérateur annonce « coupez ». Mais quand pendant dix épisodes la moitié du casting donne du « sieg heil » et du « heil Hitler » à tout-va, costumé en cadres ou sous-fifres du Reich, inévitablement, on finit par ressentir un véritable malaise. Et c’est donc avec un déplaisir certain qu’on retrouve les protagonistes de la première saison de The Man in The High Castle (TMTHC). Cette fois, le scénario accorde autant de temps aux personnages dits « mauvais » que ceux « bons » en apparence. Juliana Crane, la jeune américaine embringuée malgré elle dans la lutte contre les occupants se retrouve pourchassée par toutes les parties, y compris par les Résistants. Joe Blake, le bellâtre nazi, retourne au bercail, à Berlin, où il découvre ses véritables origines. Frank Frink, le métallurgiste juif, s’engage dans la lutte armée pour étancher sa soif de vengeance. Le Ministre du Commerce Tagomi a des visions d’un monde parallèle, une Amérique où ce sont Hiroshima et Nagasaki qui ont été anéanties par la bombe et non Washington. Quant à l’Obergruppenführer John Smith, il joue sa carrière en dissimulant la dystrophie musculaire incurable dont est atteint son fils pourtant promis un avenir de bon aryen. Pour tous ces personnages, les pièges mis en place par l’intrigue, et souvent par leur propre système, vont se refermer pour les amener, comme le spectateur, à une destination inattendue.

Même si Frank Spotnitz, le créateur de la série (dont Ridley Scott est producteur exécutif), a quitté le navire pour cause de « divergences artistiques », il ne transparaît pas de fausses notes dans cette seconde saison (éventuellement une coïncidence un peu trop grande dans les visions de Tagomi). La continuité est assurée par les décors, les personnages, l’interprétation des comédiens (notamment Alexa Davalos, Rufus SewellRupert Evans, Joel de la Fuente et Cary-Hiroyuki Tagawa), et cette foule de détails qui donnent vérité à ce monde glauque et presque sans vie. Le temps devrait confirmer que TMTHC est de ces productions qui surpassent en qualité le cinéma. Diffusée mondialement depuis novembre, cette saison 2 n’est pas le produit idéal pour Noël, et elle ne vous aidera pas non plus à finir doucement l’année. Ce serait plutôt une série idéale pour finir le monde. Enfin, un certain monde.

Amazon VOD.

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