Seven Sisters : Netflix réinvente le téléfilm

Netflix, la petite chaîne qui monte, vient nous rappeler douloureusement la définition du téléfilm : un film de cinéma médiocre.

Dans un futur proche, notre planète a épuisé ses ressources alimentaires et le cauchemar des misanthropes s’est réalisé : la surpopulation. Les OGM sont venus à notre rescousse mais ça n’a duré qu’un temps. A cause des aliments modifiés, les femmes se sont mises à donner des naissances multiples dont certains individus pourvus de défauts. De ces défauts, le film ne traite pas. Il s’intéresse au sort de sept sœurs jumelles élevées clandestinement dans un monde où l’enfant unique est une obligation légale. Ceux qui manquent à cette règle voient leur progéniture surnuméraire mise en « cryo-sommeil » en attendant « des jours meilleurs ». Nommées selon les sept jours de la semaine, chacune des sept sœurs du titre a l’occasion de sortir un jour par semaine et de construire la vie d’une unique personnalité : Karen. Jusqu’au moment où Lundi, la sœur dite « aînée » disparaît. On dirait un conte de Grimm (le réalisateur a commis Hansel et Gretel, chasseurs de sorcières) mais la rêverie n’a pas de place dans ce film essentiellement caractérisé par l’action.

De la poésie et du mystère suggérée par l’affiche, il ne reste rien. Il y a en effet trop de lieux communs pour faire de ce Seven Sisters autre chose qu’un succédané de film de genre. Ainsi, les méchants sont stéréotypés et les caractères des protagonistes sont tout juste esquissés. Difficile de caser sept versions de Noomi Rapace, en même temps guerrière, sado-maso, garçon manqué, pseudo-Marylin, geek hackeuse, et working girl. Karen, l’identité sous laquelle les sœurs se cachent, travaille comme par hasard dans les bureaux d’une entreprise indéterminée proche des méchantes autorités. Le film ne fait pas que multiplier les personnages et les clichés, il passe formidablement à côté de son sujet. Il lui manque une vision que seule une équipe créative (scénaristes + réalisateur) en béton pouvait lui donner. Mais aussi riche que soit Netflix, la production n’a pas pu se payer les services d’un Cronenberg ou d’un Verhoeven. Elle a juste déboursé de quoi faire clignoter l’affiche en débauchant Glenn Close et Willem Dafoe, et une Rapace (devenue insupportable depuis Prometheus, du moins à nos yeux et nos oreilles) qui accomplit une inutile performance d’actrice, plus proche du feu d’artifice visuel que de l’incendie artistique. Les chaînes françaises W9 et M6 (appartenant au même groupe) apparaissent dans le générique de cette co-production internationale qui malgré son lustre n’est rien d’autre qu’un téléfilm tout juste bon à combler une seconde partie de soirée, un dimanche.

Seven Sisters. Réalisation : Tommy Wirkola. Scénario : Max Botkin, Kerry Williamson. Interprétation : Noomie Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe. Photographie : José David Montero. Montage : Martin Stoltz. Musique : Christian Wibe. Grande-Bretagne, France, Belgique, Etats-Unis, 2017. Sortie française : 30 août 2017.

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