Rions de l’affaire Weinstein – Seth MacFarlane, l’homme qui savait

L’acteur-producteur américain n’a jamais eu trop froid aux yeux, on dirait. Dans le passé, il a plusieurs fois moqué publiquement certains des “prédateurs sexuels” aujourd’hui sur la sellette.

On ne va pas rester en PLS (position latérale de sécurité) tout l’automne et l’hiver venant. Essayons de rire de l’affaire Weinstein et ses alentours. Non pas pour minimiser, pour détourner le sujet, mais pour surmonter le-s choc-s essentiellement. Seth MacFarlane est un humoriste, acteur, producteur, danseur et chanteur américain. Comme d’autres gens du milieu, il savait pour Weinstein. Mais il semble aussi qu’il savait pour Kevin Spacey et Brett Ratner. Et il l’a dit, dans des sketches, des gags dans son dessin animé Family Guy. En 2013, le public a la chance de le voir présenter la cérémonie des Oscars. Il choque plusieurs fois. Avec une vanne sur le showbusiness, les Juifs et les homosexuels. Plus tard, il entame une chanson dans une chorégraphie façon années 40 intitulée “We saw your boobs” (“on a vu vos lolos”) sur ces actrices américaines qui se sont dénudées (ou ont été dénudées) au moins une fois à l’écran, et elles sont nombreuses. Plusieurs femmes dans le public semblent choquées, notamment Charlize Theron dont “on a vu les lolos” dans Monster (Patty Jenkins, 2007) et qui à la ville est amie avec MacFarlane. Enfin, avant de remettre l’Oscar de la meilleure actrice il annonce “félicitations à ces cinq femmes qui n’ont plus besoin de faire semblant d’être attirées par Harvey Weinstein”. On rit bien ce soir là, en 2013.

Peu connu en France, la série Family Guy (Les Griffins) raconte en animation les aventures d’une famille américaine pas très moyenne et de leur chien qui parle. MacFarlane écrit et double le spectacle. En 2005, un épisode montre un enfant courir nu dans un centre commercial en hurlant (avec une voix d’homme) : “Au secours ! Je viens de m’évader de la cave de Kevin Spacey ! Aidez-moi !”. Plus tard en 2012, les héros sont pris dans un réseau de traite sexuelle. Dans une scène, un garçon travesti manque d’être adjugé aux enchères “75 000 euros pour Brett Ratner”. Les mis en cause n’ont jamais réagi publiquement ou légalement, et l’auteur n’a pas livré ses sources, ni ses intentions créatives. Il expliquera toutefois que le « clin d’oeil » lancé à Weinstein étaient inspirés de sa colère et de sa répugnance ». Donc ce n’étaient pas des gags à la légère, plutôt des dénonciations comme la caricature permet d’en glisser sans tomber trop près du couperet de la loi ou sous les balles de kalashs. Dans ce cas-là, ce n’est pas de l’humour, ce sont plutôt des cris d’alarme, voire de  détresse. Tout le monde les a entendus. Donc tout le monde savait. Hé mais attendez une minute. C’est pas drôle du tout en fait.

Post Your Thoughts