Prevenge : meurtres avec prématuration

Une femme enceinte se lance dans une série de meurtres sur les suggestions insistantes de son foetus.

Ça arrondit le ventre et fait dire et faire n’importe quoi. Chez les hommes, c’est la bière. Chez la femme, c’est le bouleversement hormonal induit par l’état de grossesse. Ruth, la trentaine, est enceinte de sept mois. Et veuve. Une voix de fillette dans sa tête lui parle constamment et lui ordonne de tuer telle ou telle personne, apparemment choisies au hasard, mais en fait non. L’enfant a naître à décider de se venger de la société, on dirait.

Ruth (Alice Lowe) dans ses habits d’Halloween.

La britannique Alice Lowe accomplit avec Prevenge quatre performances en une. Elle écrit, réalise et joue le rôle principal. La quatrième ? Lowe est enceinte de sept mois, comme son héroïne lorsqu’elle supervise le tournage de son film. Souvent seule, isolée dans une chambre d’hôtel ou conseillée par sa gynécologue, le personnage marche dans les rues d’une ville britannique à la recherche de ses proies, rappelant l’errance meurtrière de Scarlett Johansson dans Under The Skin (Jonathan Glazer, 2013). Prevenge, inédit en France, est censé être une comédie noire. Mais l’humour nous a échappé, et nous n’en avons retenu que la noirceur inspirée et l’interprétation d’Alice Lowe dont c’est ici le premier film. Femmes enceintes, futurs pères, s’abstenir.

Prevenge. Réalisation et scénario : Alice Lowe. Interprétation : Gemma Whelan, Alice Lowe, Jo Hartley. Musique : Pablo Clements, James Griffith, Toydrum. Photographie : Ryan Eddleston. Montage : Matteo Bini. Grande-Bretagne, 2017. Sortie française : NC.

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