M. Ridley Scott, on n’a pas que ça à faire

Ridley Scott a pris en compte nos critiques sur la précédente bande-annonce de Prometheus et, en quelques heures, l’a remontée pour en faire un des meilleurs trailer depuis… Alien. Merci, mais, ça ne pouvait pas attendre lundi ?

Le précédent trailer était la version pour les salles Imax. La présence de ce son de pacotille que nous avons désigné comme « cri de Wilhelm féminin » ou « plat micro-ondé » est confirmée. Il n’en est ici aucunement question. Plus longue, cette troisième bande-annonce revient à l’essence du film Alien, c’est à dire son genre horreur-science-fiction. A sa sortie en 1979, le long-métrage de Ridley Scott bouleverse les perceptions des spectateurs. Terreur et anticipation prennent des formes dessinées par H.R. Giger ou Moebius. Alien devient un des films-matrice de la culture jeux video, à partir de Doom jusqu’au dernier FPS à couloirs comme Dead Space. Avec The Thing de John Carpenter, Alien est aussi le film qui annonce les années 80, années du Sida, de la paranoïa, du corps étranger (« alien » en anglais) en-dedans, peut-être une prophétie des années Reagan qui étaient à venir, si on veut. Et avant toute chose, pour revenir au plaisir pur du primo-spectateur, Alien fut, est, et sera un film terrifiant pour encore quelques générations. Cela explique l’attente démesurée de différents publics suscitée par Prometheus.

Pour ce troisième trailer, nous ne ferons pas plus de commentaires. Parce que nous n’avons pas que ça à faire, la promotion d’un film qui n’en n’a pas besoin, et d’un réalisateur qui n’a plus rien à prouver, de plus à des heures impossibles. Et parce que nous allons continuer notre exploration des origines, non pas celles de l’humanité comme dans Prometheus, mais celles de la « crieuse inconnue ». Après ré-écoute des trailers du premier Alien et de ce dernier Prometheus, il semblerait que le son aigu qui longe les deux trailers, éloignés de 30 ans, ce cri de terreur qui ponctue les montages, pourrait être celui de notre femme anonyme, retouché, arrangé, pour devenir unique, et faire d’un film de promotion palpitant l’entrée précédant le plat d’un grand chef.

Alien (1979), bande-annonce.