Flics du réel contre flics de cinoche

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Un livre écrit par un ex-policier fait la vie dure aux clichés de la télévision et du cinéma et dénonce la situation socio-professionnelle des « flics » en France.

Porte de Bagnolet (Paris), le 26 septembre  1986. Le Crédit Lyonnais est le siège d’un braquage qui vire à la fusillade de rue. Un otage tombe, un gardien de la paix aussi. Marc Louboutin, alors jeune policier de 24 ans, se rapproche lentement de l’épicentre de l’énorme bordel dans lequel on distingue à peine les « bons » des « méchants ». Debout, il vise un des braqueurs avec son MR 73, et tire. Une seule cartouche. A l’autre bout de la ligne de mire, Michel Vaujour s’effondre, touché à la tête. Un des plus jeunes policiers de France vient de mettre hors d’état de nuire un des plus gros voyous des années 80. En vérité, ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Pour les besoins de cette chronique, nous avons raccourci la chronologie des événements, lâché la bride au style et privilégié l’efficacité des mots, un peu comme l’aurait fait un scénariste ou un producteur de télévision pressé par le temps et le budget. Aujourd’hui, plus qu’hier encore, dégainer et faire usage de son arme de service est rare et ultra-réglementé. Sans parler de la peur et de l’excitation. Quelques minutes et années après l’arrestation de Vaujour, Louboutin avoue : « je suis un peu sonné, je déambule dans le square, tentant de me rendre compte que je viens d’essayer de tuer un homme« . C’était un vendredi, vers 15 heures. La gâchette facile ou l’usage des armes à feu n’est pas le seul cliché que l’ex-policier éreinte dans ce document. Lire notre interview de l’auteur.

Flic c’est pas du cinoche par Marc Louboutin, Editions du Moment, 2010.

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