Classique : Raising Cain (Brian De Palma, 1992)

Cette histoire de personnalités multiples transpire Hitchcock par tous les pores, parce que c’est De Palma.

Cette histoire de personnalités multiples transpire Hitchcock par tous les pores, parce que c’est De Palma.

Carter Nix est pédopsychiatre et père de famille modèle, quoique un peu fade. Il cache depuis des années une double-personnalité, Jack, viril, fonceur et méchant. Avec sa complicité, il kidnappe les enfants pour se livrer à des expériences traumatiques. Nous avons hésité à classer Raising Cain parmi les classiques. A l’époque de sa sortie, il nous avait laissé un souvenir mitigé. Une seconde (ou troisième) vision permet de souligner les qualités et les défauts du 25e film de Brian De Palma.

L’esprit de Caïn est particulièrement imprégné des tropes hitchcockiennes semées par Psychose (1960) notamment : personnalités multiples, perruques, femme(s) semi-fatale(s), des séquences oniriques, et même un faux coupable. Mais De Palma en 1992 n’est pas que le miroir d’Hitchcock, c’est un cinéaste entier. On retrouve un peu de Phantom of the Paradise dans l’enchaînement de certains événements, des effets d’éclairs et des maquillages grand-guignol, et cette synchronisation pour arriver au climax. Raising Cain est marqué positivement par l’interprétation de John Lithgow, acteur sous-exploité par la machine hollywoodienne. Mais il pèse sur L’esprit de Caïn la lourdeur des références à papa Hitchcock. Ainsi, les costumes, la photographie, et surtout la musique imitant Bernard Herrmann (par Pino Donaggio, compositeur fétiche de Brian depuis Carrie), anti-datent le film qui reste coincé dans un imaginaire cinématographique situé entre le début des années 60 et la fin des années 80. Cette idolâtrie du réalisateur de Psychose va se transformer dans les années suivantes en TOC, ou trouble obsessionnel d’un cinéaste dont on peut observer la triste chute dans son dernier film en date, Domino (2019).

Raising Cain. Scénario et réalisation : Brian De Palma.