Captain America, Civil War : cape et pas cap’

Civil War Captain America

Il en faut peu pour diviser les super-héros préférés des Etats-Unis.

C’est le troisième volet des aventures du Capitaine Amérique, congelé 70 ans, puis réhabilité dans la fiction comme dans le réel. Contre toute attente, Marvel-Disney a réussi à remettre au goût du jour ce fils de l’Oncle Sam, reliquat des valeurs d’un monde en guerre contre le fascisme européen. Ici, c’est de « guerre civile » dont il est question. Le scénario oppose deux groupes de super-héros habituellement copains. La raison de cette scission est toute bête : parce qu’ils font trop de dégâts partout où ils passent (y compris dans d’autres films dont on nous montre les extraits-promotionnels, sorte de placement de produit dans le produit), ils doivent se soumettre au contrôle du gouvernement – américain surtout. Les uns acceptent, tandis que les autres refusent catégoriquement. Ce n’est pas une raison pour se battre mais ils le font quand même. Ce postulat a été pour le marketing, l’occasion d’une campagne de propagande sur le thème « êtes-vous team Cap ou team Iron Man ? » (comme le Batman v Superman demandait lui aussi de choisir un camp). Contre toute attente, le rebelle entre dans le rang, et le patriote devient un renégat. Quelle belle leçon de scénario…

Trop de supers-héros tue le super-héro - Concept art CA : CV.

Trop de super-héros tue le super-héros – Concept art CA : CV.

Il est difficile de croire à cette grosse rixe sur le tarmac d’un aérodrome. Trop de héros (la BD qui inspire le film en compte une centaine), trop de coups mortels sans effet, trop de vannes échangées, trop de numérique. Les comédiens sont étouffés dans leurs costumes et dans le peu d’espace d’expression qui leur reste. La motion capture n’est pas la capture de l’émotion. Civil War suit trois intrigues différentes alors qu’il aurait pu se concentrer sur le seul enjeu qui vaille la peine : l’amitié chancelante entre Tony Stark / Iron Man (Robert Downey Jr., égal à lui-même) et Steve Rogers / Captain America (Chris Evans, qui porte vachement bien ce personnage tout sacrificiel). Ce dernier choisit de s’allier avec son ami d’enfance, Bucky (le nom a une sonorité amusante), lui aussi revenu d’entre les morts, pour continuer une bromance entamée dans les années 30-40. Sauver une relation, sauver l’autre, c’est quand même plus intéressant que sauver (encore) le monde. A noter l’apparition du premier super-héros Noir de l’histoire des comics américains, créé en 1966 déjà (ou si tard, selon le point de vue, toutefois un héros sur-africanisé et appelé opportunément Black Panther). Mention spéciale pour les combats mano a mano, où le film de super-héros montre clairement sa filiation avec le film d’action post-John Woo

Captain America : Civil War. Un film d’Anthony et Joe Russo. Scénario : Christopher Markus et Stephen McFeely d’après Mark Millar, Joe Simon et Jack Kirby. Interprétation : Robert Downey Jr., Chris Evans, Scarlett Johansson. Photographie : . Musique : . Sortie française le 27 avril 2016.

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