+1 (Plus One) : gogo-danseuses et dopplegängers

+1 Plus One 2

Un film inédit renouvelle un peu le teen movie avec un surnaturel sans vampires ni loups-garous.

David est amoureux de Jill, et Jill de David. Donc tout va bien. Mais à la suite d’une maladresse, le couple vole en éclat. Les deux étudiants se retrouvent à la fête de l’année, décadente au possible. « Le meilleur moment de ma vie » déclare le meilleur copain. Mais tiens, une météorite tombe dans le jardin et provoque un phénomène mystérieux : le dédoublement asynchrone. A mesure que la nuit avance, les jeunes sont confrontés à leurs doubles. Pour autant, +1 ne cède pas tout de suite aux pulsions meurtrières des films de ce genre, et fait s’affronter les héros à eux-mêmes.

Les teen movies ou « films d’ados » sont ce que Hollywood a inventé de pire. Ciblé sur le public adolescent et les jeunes adultes, leur caractéristique est de mettre en scène des étudiants dans des intrigues construites sur le même modèle ou la même mythologie. Quatre archétypes dominent ce cinéma : le potache (de Ferris Bueller à American Pie), le croquemitaine (de Halloween à Scream), la cabane dans les bois (de Evil Dead à Evil Dead), la créature gothique (de Entretien avec un vampire à Twilight). Plus One est allé chercher du côté de chez les univers parallèles.

+1 Plus One

Le film commence comme une romance avant de se changer en comédie grossière, et de se transformer à nouveau en conte borgesien, ou en épisode de La quatrième dimension si tu préfères. Les images appuient sur le côté orgiaque et amoral de la fête, peut-être pour mieux amener cette punition quasi-divine puisque venue du ciel. Un personnage cite le Talmud. Le scénario prend vraiment des risques en confrontant les protagonistes à leurs doubles, et ne s’en sort parfois que par l’évitement ou la fuite. Et, inévitablement, l’histoire succombe au sacrifice sanguinaire qu’exige le genre depuis Halloween et Les griffes de la nuit jusqu’à La cabane dans les bois. D’ailleurs, le réalisateur de Plus One, le cosmopolite Dennis Iliadis, est aussi celui du remake de La dernière maison sur la gauche (premièrement de feu Wes Craven). On se passe de la bande-annonce qui en montre beaucoup trop.

+1 (Plus One). Réalisation : Dennis Iliadis. Scénario : Dennis Iliadis, Gill Gullo. Interprétation : Rhys Wakefield, Logan Miller, Ashley Grace. Photographie : Mihai Malaimare Jr.. Montage : Yorgos Mavropsaridis. Musique : Nathan Larson. Etats-Unis, 2013. Sortie française : n.c.

Alexandre Pesavento

About Alexandre Pesavento

Correspondant de presse à Los Angeles pour d'autres journaux, j'agis ici sous pseudo et profite de mon exil pour voir des films que vous, petits Français, ne verrez peut-être jamais.

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