Demain tout commence : Omar Sy troublant

La comédie dramatique de Hugo Gélin expose la palette du jeu de l’acteur Omar Sy, notre enfant prodige passé de Trappes à Hollywood.

Séduisant, homme à femmes, fêtard, Samuel (Omar Sy) est le parfait gentil organisateur d’un club sur une plage marseillaise. Mais il ne connaît pas ses limites. Un matin une femme dont il se souvient à peine, Kristine (Clémence Poésy), lui laisse dans les bras un bébé, Gloria, son bébé, et s’en retourne à Londres. Il décide de rendre l’enfant à sa mère, et en même temps qu’il perd son boulot marseillais, il est repéré accidentellement par un producteur de cinéma qui lui propose un job de cascadeur. Sans retrouver la mère, Samuel va construire une vie de rêve à Gloria. Jusqu’au jour où la génitrice revient.

Demain tout commence est hybride. Il emprunte au feel good movie américain, la comédie française, et le mélodrame – ici trop appuyé par la musique. Mais aussi, surprise, il est le remake du mexicain Ni repris ni échangé (Eugenio Derbez, 2013). La volonté du film de faire ressentir des bons sentiments est déjà assez forte. Voire les scènes de famille entre le producteur homo (Antoine Bertrand), le père noir, la fille métis. Une petite claque au mouvement Un papa, une maman, une famille. Ce public là, pourrait être attiré dans ce film par la plasticité physique d’Omar Sy dont il a fait preuve dans Les Intouchables. Mais l’acteur révèle dans le drame aussi la plasticité de son visage. Et presque aucun personnage, à part quelques techniciens de films (subtile métaphore de l’intégration de Sy, via des petits rôles, dans la machine hollywoodienne ?), ne tombe dans le stéréotype. Le twist final, hésitant, souligne aussi la parenté américaine de ce « produit » calibré pour se sentir optimiste ou plutôt triste, selon ce qu’on lit sur le visage d’Omar Sy.

Demain tout commence. Réalisation : Antoine Gélin. Scénario : beaucoup de gens. Interprétation : Omar Sy, Clémence Poésy, Antoine Bertrand. Photographie : Nicolas Massart. Montage : Valentin Feron, Grégoire Sivan. Musique : Rob Simonsen. France/Grande-Bretagne. Sortie française le 6 décembre 2016.

Benoît Tomassot

About Benoît Tomassot

Enseignant en géro-déontologie dans une école de journalisme le jour, justicier massé la nuit, Docteur Honoris Causa à effet, spécialiste des stéréotypes sociaux et rationnels.

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